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Le climat social en Algérie

Le climat social se détériore


Le climat social se détériore en Algérie par HOUARI Kaddour Syndicaliste SNAPAP


Emeutes,grèves et manifestations se multiplient dans tout le pays. La situationsociale est tendue, et la concertation rarement la règle.


 Les émeutes, qui n’ont épargné aucune région depuis 2001 et qui fontdésormais partie du quotidien des Algériens, ont fini par atteindre lacapitale.

Depuis deux mois le quartier de Diar Echems (Les Maisons du soleil) situé dans lacommune d’El Madania est le théâtre de violents affrontements entrerésidents et forces de l’ordre. On compte déjà plusieurs dizaines depoliciers blessés, dont certains gravement, et un nombre indéterminéd’arrestations.

Al’origine immédiate de cette explosion, le sempiternel problème dulogement qui empoisonne la vie des citoyens des couches défavorisées etdes classes moyennes ainsi que les relations entre ces dernières et lesautorités locales.

Cette énième révolte aurait pu passer totalement inaperçue, tant les émeutes se sont incrustées dans le quotidien des Algériens.

Seulementvoilà, elle se déroule au cœur même d’Alger et, surtout, à moins d’unkilomètre à vol d’oiseau du Palais d’El Mouradia, siège de laprésidence de la république.


Les prix flambent et les nouveaux riches s'exhibent aux yeux des moins aisés
 
Les émeutes n’ont épargné aucune région depuis 2001 (voir photo de HOUARI Kaddour )


Autrefait marquant, elle intervient dans un climat social de plus en plusdélétère. Chaque jour, la presse privée rend compte d’émeutes qui sedéroulent dans tous les villages d’Algérie. Les problèmes sociaux sontla première préoccupation des habitants.

Logement,réseaux d’approvisionnement en eau potable ou d’adduction des eauxusées, coupures d’électricité et de gaz, sécurité routière,infrastructures de santé, transport… sont les principaux motifs de cesexplosions.


A celas’ajoute la grogne des lycéens qui protestent contre un programme troplourd et contre la nouvelle répartition des horaires décidées par leministère de l’Education nationale dans le cadre de l’instauration dunouveau week-end du vendredi-samedi.

Letout sur fond de grèves dans l’industrie (complexe sidérurgiqued’El-Hadjar…), et du syndicat SNAPAP avec les conseils national tel que dans l’Education nationale, dans la santé , intérieur et collectivités local  et de profondmalaise chez les dockers du port d’Alger dont 650 (travailleursjournaliers) se retrouvent au chômage technique depuis le 1er octobredernier, date de l’entrée en application de la décision d’arrêt dudéchargement des produits non conteneurisés au port d’Alger.


Cette dégradation du climat social était prévisible du fait de la détérioration du niveau de vie des habitants

.

Lesprix ont flambé au cours de l’été pour atteindre leur zénith au mois deramadan. Les salaires sont bas et l’inflation touche principalement lesproduits alimentaires de grande consommation.


Lechômage frappe de plein fouet les jeunes des quartiers populaires quine songent qu’à quitter le pays ou à s’évader artificiellement(drogue…).

Conséquence de ce marasme social, la délinquance explose dans les grandes villes.

Al’autre pôle, la corruption s’étend comme on peut s’en rendre compte àla lecture quotidienne de la rubrique justice ou faits divers desjournaux.

Une minoritéde personnes fraîchement enrichies exhibent aux yeux de tous leurssignes extérieurs de richesses : voitures de luxe, maisonsindividuelles…


Sans dialogue social l'émeute est vécue comme la seule issue
Dansce climat, les promesses officielles de réaliser 1 million de logementset 3 millions d’emplois viennent heurter de plein fouet l’amère réalité.

Pourles observateurs de la scène politique locale, l’absence de véritabledialogue social et les restrictions aux libertés syndicales etpolitiques – le pays est sous Etat d’urgence depuis 17 années – nelaissent d’autre issue aux citoyens que l’émeute. Un murd’incompréhension a fini par s’ériger entre les citoyens et lesautorités.

Surtout queles médias officiels, la télévision et les radios en premier lieu,ignorent superbement les conflits comme celui de Diar Echems.


Les pouvoirs publics pourront-ils apaiser le mécontentement populaire qui grandit ?

La tentation du tout-répressif comme mode d’organisation des rapports gouvernants-gouvernés ne risque-t-elle pas de prévaloir ?


Lesdécisions, consacrées dans le projet de loi de finances 2010 adoptélundi 19 octobre par le gouvernement, semblent touefois indiquer unevolonté de prise en compte du malaise social.


Ils'agit d’allouer une enveloppe de 1 000 mds DZA (9,3 mds€) à lapolitique sociale de l’Etat (subventions de produits alimentaires,soutien aux services publics, pensions, bourses et retraites, caissesde sécurité sociale…) et d’augmenter le salaire minimum et le régimeindemnitaire des fonctionnaires dans le cadre de la prochainetripartite gouvernement-patronat-syndicat, grâce à une enveloppe de 230mds DZD, (2,14 mds€).


Resteà savoir si les pouvoirs publics comptent promouvoir le dialogue socialavec SNAPAP afin de permettre aux inéluctablesconflits sociaux d’être traités dans la paix civile.