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Greve de faim

greve de faim


 

             Les grévistes en danger

 

les cadres du SNAPAP que la faim tourmente depuis seize jours. Ils observent toujours leur mouvement de grève au siège du Snapap à la Cité Ismaïl-Yefsah à Bab Ezzouar. Au dixième jour déjà il y a eu l’évacuation par le Samu de M. Bedrane Lahcène, secrétaire national chargé des finances et des moyens, souffrant d’un malaise cardiaque. Son cas a été jugé très grave après constat médical. Il a été évacué vers l’hôpital Zemirli d’El Harrach. Ceci sans citer les cas d’hypoglycémie de plusieurs autres syndicalistes. Telque HOUARI Kaddour membre du bureau national de sante d’origine de CHLEF

Au onzième jour de la grève, M. Traka Farid a été évacué vers l’hôpital d’El Harrach pour avoir craché du sang et dans l’après-midi de la même journée se fut l’évacuation de Mme Ghozlane Nacéra pour perte de connaissance, vers l’hôpital de Rouiba. Dans l’attente d’une réaction des pouvoirs publics, les cadres du Snapap entendent poursuivre leur mouvement et informent qu’une réunion avec les syndicats autonomes aura lieu aujourd’hui 19 août 2001 à 11h au siège du Snapap.

Pour M. Rachid Maâlaoui, secrétaire général du Snapap, l’actuel mouvement est d’essence sociale: Nous voulons arriver à régler le problème des libertés syndicales pour mieux régler les problèmes sociaux des travailleurs, car ce n’est qu’une fois la liberté syndicale instaurée que la grève n’aura plus de raison d’être. C’est alors que des négociations et des consultations permanentes éviteront aux travailleurs d’être lésés dans leurs intérêts et d’avoir recours à des actions qui bloquent l’économie algérienne.»

Pour le moment et selon M. Maâlaoui, il s’agit d’éviter la liquidation pure et simple de 1.400.000 travailleurs. C’est dire l’ampleur du combat qui reste à mener sur le front social, et d’où l’assertion de ce syndicaliste: «La grève de la faim reste toujours indéterminée.» Mais le SOS du Snapap à l’intention du Président de la République est bien tangible. D’ailleurs, les grévistes se demandent: «Qu’est-ce qui retient le pouvoir de répon- dre à nos doléances?» Une attente qui figure même dans leur plate-forme de revendications Art 11: «Suite à l’abrogation de la loi 78-12 portant statut général du travailleur, le fonctionnaire est laissé sans cadre juridique, le maintien sous perfusion du décret 85-59 par simple télégramme de la DGFP alors que la loi mère est abrogée depuis onze ans, malgré l’engagement des gouvernements successifs quant à la mise en place d’un statut général de la Fonction publique, aucun texte y afférent n’a été promulgué laissant le terrain ainsi aux circulaires et décrets contradictoires qui ont institué des grades intermédiaires sanctionnant la carrière du fonctionnaire.»

Ou comme stipulé dans l’article 16: «Nous revendiquons à ce que soit mis fin à toute forme de pression d’intimidation et de parti pris que subissent les syndicalistes autonomes et nos adhérents et surtout l’intervention des hauts responsables de l’Etat comme cela a été le cas le 21 mars 2001 par un télégramme n°104 signé du nom du ministre de l’Intérieur ordonnant au wali de prendre parti.» Finalement, le Snapap, dont neuf membres sont actuellement hospitalisés, souffre d’une soif de reconnaissance. Leur message est fort et sans équivoque: «Non à l’injustice.» Ne faisant pas de quartiers pour l’UGTA, les cadres du Snapap sont pour un face-à-face à la télévision nationale entre les leaders des deux instances syndicales. A ce propos l’article 10 de la plate-forme de revendications du Snapap stipule: «L’attribution par l’Etat de la couverture médiatique par le biais de l’ENTV en triplex à l’UGTA et l’assistance même du ministre pour rappeler les troupes et l’exclusion des syndicats autonomes de cette couverture, constitue un parti pris et un autre moyen de soutien illégal.»

A ce stade, ce n’est pas de nourriture dont les grévistes ont besoin, mais d’oxygène: celui qu’apporte la communication. Car tous ces syndicalistes en grève se demandent inlassablement: «Les réformes peuvent-elles se passer d’humanité et de justice?». Le cas Snapap ne peut plus laisser indifférent. Le malaise dans le monde du travail n’a que trop duré : les travailleurs, tous les travailleurs, ont besoin de réponses sincères

                                             auteur HOUARI     Kaddour