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Greve

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                           Grève nationale les 13, 14 et 15 avril

L’intersyndicale autonome de la Fonction publique (IAFP) appelle à une grève nationale de trois jours, du 13 au 15 avril, et à un rassemblement des syndicalistes devant le Palais du gouvernement au dernier jour de grève.

Cette décision de reprendre le débrayage, annoncée dans une conférence de presse tenue hier au siège national du Snapap, vient, soulignent les représentants de ce « regroupement syndical », en réponse à la sourde oreille du gouvernement qui refuse toujours de donner une suite favorable à la plateforme de revendications déposée le 2 février dernier auprès des services du chef du gouvernement. Dans ce « document revendicatif », l’IAFP demande, d’abord et avant tout, une augmentation des salaires des fonctionnaires par l’abrogation de l’article 87 bis et la revalorisation de la valeur du point indiciaire et son indexation sur un pouvoir d’achat réel. Elle réclame également la participation effective des syndicats autonomes à l’élaboration des statuts particuliers et des régimes indemnitaires des différents secteurs, l’intégration des enseignants contractuels et la titularisation des vacataires par la création de nouveaux postes budgétaires. Comme elle exige l’instauration d’une pension de retraite digne, en harmonie avec le pouvoir d’achat. L’option de recourir une nouvelle fois à trois journées de grève et à un sit-in a été retenue lors de la réunion de (l’intersyndicale) jeudi dernier et approuvée par cinq sur les huit syndicats autonomes formant l’IAFP, à savoir le Cnapest, le SNPEPM, le Satef, la Ceca et le Snapap (version Malaoui). Les trois autres syndicats, le CLA, le Cnes-coordination et le SNTE en l’occurrence, ont bien exprimé auparavant leur adhésion à l’action de protestation envisagée par l’autre « pôle syndical », à savoir la Coordination nationale des syndicats autonomes (CNSAFP) qui regroupe en son sein une douzaine d’organisations syndicales. La coordination a confirmé, elle aussi, dans une conférence de presse animée hier à Alger, son appel à une grève nationale de deux jours, les 13 et 14 avril. « Certains syndicalistes de la coordination nous ont effectivement suggéré d’aller, nous aussi, vers une grève de deux jours (les 13 et 14 avril). Cette proposition a été étudiée au sein de l’intersyndicale. L’absence de consensus sur la date et la durée de la grève nous a poussés à retourner vers notre base syndicale pour la consulter. Ce n’était pas facile parce que notre base a voulu qu’on aille vers une grève d’une semaine. Après de longues discussions, nous avons pu nous entendre sur trois jours de grève. Animés d’une volonté de rassembler les travailleurs de la Fonction publique sur le terrain pour exercer plus de pression sur le gouvernement, nous avons fait coïncider notre action de protestation avec celle de la coordination », souligne Sadek Sadou, secrétaire national chargé des libertés syndicales au sein du Snapap, devant les représentants du Cnapest, du SNPEPM, du Satef et de la Ceca. Cela dit, l’intersyndicale a tenu à marquer sa différence en décidant de faire durer une journée de plus leur mouvement de grève et d’observer un sit-in. « Nous avons pris le temps qu’il fallait pour arriver à un consensus viable », a ajouté M. Sadou. Mohamed Salem Sadali, secrétaire général du Satef, explique, de son côté, que ce nouveau mouvement de protestation est dicté par l’entêtement des pouvoirs publics à toujours ignorer les revendications des fonctionnaires et à refuser d’ouvrir leurs portes pour un dialogue « sérieux et responsable » avec les syndicats autonomes. « Pour nous, c’est le moment de faire pression, car de grands projets se préparent. » Il considère les augmentations de salaires annoncées par le gouvernement comme un « rattrapage salarial » pour une raison : les fonctionnaires ont perdu au cours des derniers mois 30% de leur pouvoir d’achat. M. Sadali précise, au passage, que le plus important pour l’intersyndicale n’est pas le timing des augmentations salariales (puisqu’elles seront appliquées avec effet rétroactif à partir de janvier 2008), mais plutôt le contenu ou le volume de ces augmentations, dénonçant ainsi « les tentatives » du gouvernement de « désorienter » le débat. Nouar Larbi, coordinateur national du Cnapest, soutient que cette nouvelle action de protestation vient comme appui à la dynamique entamée dès janvier 2008, marquée par une grève de trois jours les 10, 11 et 12 février dernier et exprime la franche détermination des syndicats autonomes à aller jusqu’au bout de leurs revendications. L’intersyndicale menace ainsi de multiplier ses actions de protestation si le gouvernement s’entête à fermer les portes du dialogue avec les syndicats autonomes. Par ailleurs, les animateurs de la CNSAFP n’excluent pas l’éventualité de recourir au boycott des examens de fin d’année si les pouvoirs publics ne tendent pas l’oreille à leurs doléances. Tout en applaudissant l’aboutissement à l’« unification » de l’action syndicale sur le terrain avec la coordination, les représentants de l’intersyndicale tiennent à souligner qu’« il est contre-nature de s’asseoir autour de la même table que certains syndicats figurant au sein de la coordination ». M. Sadali a souhaité dans ce contexte qu’il y ait « une décantation au sein de la coordination pour qu’il y ait une jonction salutaire des forces syndicales autonomes ».

A chlef

 L’ unité d’action prônée par la Coordination et l’Intersyndicale a donné ses résultats hier dans la wilaya de chlef, lors de la première journée du mouvement de grève décrété par ces deux tendances syndicales de la Fonction publique. Administrations, hôpitaux et établissements scolaires, sont quasiment paralysés à travers tout le territoire de la wilaya. L’écrasante majorité des APC ont suivi le mot d’ordre de grève, seul le service d’état civil assurait le service minimum, mais c’est une dizaine de jeunes filles, travaillant dans le cadre de l’emploi des jeunes, qui peinaient devant les guichets. On nous confiera que ces employées ne sont pas payées depuis six mois de cela, et que l’administration n’affiche aucune volonté de revaloriser leur statut. « Elles sont sans contrat, mais on les fait travailler comme des esclaves », se désole un syndicaliste. Sans surprise aucun, le secteur de l’éducation a été paralysé et plus de 80% de son personnel est en grève. La surprise est constatée plutôt au niveau des hôpitaux et du secteur des Impôts qui, habituellement ne font pas grève s’est distingué par un taux de suivi relativement important Toutes ces adhésions des travailleurs de la Fonction publique montre que le mouvement social prend de plus en plus d’ampleur à chlef comme ailleurs. La base syndicale a imposé l’unité d’action pour donner un grand impact à ce mouvement de grève », déclare Mr hadji. Encouragé par la réussite de cette action, le syndicaliste membre de l’Intersyndicale croit bon de donner de meilleures perspectives au mouvement de protestation. « Nous lançons un appel à tous les syndicats authentiques à rejoindre l’Intersyndicale pour créer une centrale syndicale large qui regroupera tous les secteurs d’activité », nous confiera encore notre interlocuteur.