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LA VERITE

USTA et SNAPAP


Syndicalisme

 

Le syndicalisme (de syndic, venant lui-même du grec sundikos, qui assiste quelqu'un en justice) est le mouvement qui vise à unifier les travailleurs dans des organisations, les syndicats, pour défendre leurs intérêts communs (hausse des salaires, meilleures conditions de travail, baisse du temps de travail, lutte contre le licenciement…).

Le syndicalisme désigne également l'action militante qui cherche à poursuivre les buts d'un syndicat.

Dans son sens le plus courant et le plus accepté, le terme syndicalisme s'applique aux syndicats de salariés et dans une moindre mesure aux syndicats étudiants et lycéens. Le terme "syndicat professionnel" désigne également, dans certains pays, les organisations patronales.

Les années 1880 ont marqué la naissance de syndicalisme en Europe. En France, c'est une loi de 1884 qui a autorisé la création de syndicats.

 

 

histoire du syndicalisme algerien

       U.S.T.A                et         S.N.A.P.A.P

12 MARS 1990              12. MARS 1956

 

          justice et vérité

Vérité et justice pour Abdallah Filali, Ahmed Bekhat, Hocine Maroc

et les militants de la Fédération de France de

l'Union syndicale des travailleurs algériens (USTA)

 

  


A P P E L   

 

A un moment où les autorités françaises se sont prononcées pour l'écriture d'une histoire sans tabou de la guerre d'Algérie, reconnu le massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961 et les torts de la France envers les soldats musulmans de l'armée française (les harkis), le moment est venu de parler du combat mené par l'USTA, une organisation syndicale unitaire, indépendante et démocratique, solidaire de la classe ouvrière française et internationale.

 

Depuis la création de l'Etoile Nord-Africaine en 1926, les travailleurs algériens ont largement investi la CGTU puis la CGT. Ils ont participé à toutes les grèves, manifestations et combats de la classe ouvrière française. Ils ont lutté pour les salaires, les droits sociaux et de meilleures conditions de vie et de travail des immigrés. Ils ont participé à tous les combats des partis ouvriers pour la défense des libertés démocratiques, contre le racisme, l'antisémitisme, le fascisme, le franquisme et l'impérialisme. En 1936, l'Etoile adhère au Front populaire mais refuse le projet réformiste Blum-Viollette et reste fidèle à son programme indépendantiste. L'Etoile interdite, le Parti du Peuple Algérien (PPA) qui lui succède en mars 1937 mène le même combat pour l'émancipation du peuple algérien en alliance avec la classe ouvrière française.

 

Pendant la guerre, le Messali Hadj et la direction du PPA refusent toute collaboration avec Vichy et ils défendent avec Ferhat Abbas, dans le cadre des Amis du Manifeste et de la liberté(AML), le droit pour les Algériens d'élire une assemblée Constituante. Après la répression sanglante de mai 1945 (Sétif et Guelma), le MTLD qui succède au PPA reste fidèle à son programme et à l'alliance avec la classe ouvrière française. Les travailleurs algériens adhèrent massivement à la CGT qu'ils ne quittent qu'en février 1956 pour construire un syndicat algérien indépendant, l'USTA. Après le vote des pouvoirs spéciaux le 12 mars 1956, la répression s'abat sur les principaux cadres de l'USTA. Mais après la libération d'Abdallah Filali, l'un des principaux dirigeants du nationalisme algérien, l'USTA se recompose. Elle publie La Voix du Travailleur Algérien et organise pour le 1er mai 1957 des meetings et des rassemblements qui regroupent des milliers de travailleurs dans toutes les villes et régions où l'immigration algérienne est implantée.

 

En juin 1957, l'USTA tient son premier Congrès à Paris. Pendant trois jours, 325 délégués représentant plus de 25 000 adhérents ont discuté du rapport d'activité et d'orientation du secrétaire général Ahmed Bekhat. Ils ont discuté et adopté une série de résolutions qui établissent que l'USTA était bien un syndicat ouvert à tous les travailleurs (européens et musulmans), démocratique et indépendant de tout Etat et de tout parti. L'USTA se réclamait de l'internationalisme prolétarien et proposait de mener avec la classe ouvrière de France un combat commun contre la guerre et l'impérialisme. L'USTA se prononçait pour une solution démocratique au problème algérien (la Table ronde) et pour de profondes réformes de structures de l'Algérie indépendante afin de satisfaire les revendications démocratiques et sociales des populations laborieuses. Elle se prononçait aussi pour l'unité des syndicats d'Afrique (UGTAN) au sein de la CISL.

 

Soumise à une répression permanente, l'USTA dut aussi affronter les commandos du FLN qui procédèrent à l'automne 1957 à l'extermination de sa direction. Ce massacre suscita stupeur et indignation chez tous ceux qui désapprouvaient l'emploi de la violence pour régler les divergences d'opinion entre organisations se réclamant de la lutte anti-impérialiste et de la démocratie.

 

La Fédération de l'Education nationale, des intellectuels anticolonialistes (Daniel Guerin, Jean Cassou, André Breton, Albert Camus, Edgar Morin, Clara Malraux, Maurice Nadaud, Jean Rous), la gauche socialiste et révolutionnaire, La Révolution prolétarienne, la Ligue des Droits de l'Homme, Yves Dechezelles, Yves Jouffa et une centaine de syndicalistes de la CGT, CGT-FO et CFTC organisèrent, au lendemain des obsèques de Abdallah Filali et Ahmed Bekhat un "Comité pour la défense des syndicalistes algériens". Ce Comité dénoncera la répression des forces de l'ordre contre l'USTA et l'action des commandos du FLN contre les militants ouvriers algériens.

 

Pour faire connaître cette histoire glorieuse et tragique du syndicalisme algérien en France et rendre justice aux victimes de l'USTA, les soussignés soutiennent le combat de l'Association "Vérité et justice pour l'USTA".